Imaginez une ferme où les agriculteurs conduisent des bateaux au lieu de tracteurs, créent un habitat plutôt que de le détruire, et la ferme elle-même nettoie activement les cours d’eau et combat le réchauffement climatique. Imaginez des animaux de ferme qui n’ont pas besoin d’être nourris, mais fournissent des protéines abordables et de hautes qualités. C’est l’aquaculture réparatrice.

L’aquaculture réparatrice est la culture d’espèces de bas niveau trophique – au début de la chaine alimentaire, telles que le varech et les mollusques bivalves (ex. moules, palourdes, huîtres), pour affecter positivement les services écosystémiques. Les systèmes d’aquaculture réparatrice ont le potentiel d’améliorer l’environnement, d’offrir une sécurité d’emploi à long terme aux pêcheurs et de soutenir une alimentation saine répondant complètement aux demandes en protéines et en nutriments.

Contrairement aux fermes terrestres qui nécessitent de grandes quantités d’engrais, de terres et d’eau douce, les algues et les mollusques n’ont besoin d’aucun intrant pour se développer. Au lieu de cela, ils survivent grâce aux nutriments et à la nourriture naturellement présents dans la colonne d’eau. Cultiver ensemble du varech et des bivalves est mutuellement bénéfique; les bivalves améliorent la clarté de l’eau en absorbant l’azote et le phosphore. Cela permet que davantage de lumière du soleil atteigne le varech. Le varech oxygène les cours d’eau et atténue les effets de l’acidification, ce qui aide les bivalves à se développer et à maintenir leurs coquilles de carbonate de calcium.

De plus, les forêts de varech agissent comme des puits de carbone pour le dioxyde de carbone atmosphérique, absorbant 200 fois plus de carbone que l’océan, contribuant ainsi à atténuer le changement climatique. Enfin, l’aquaculture de varech et de bivalves augmente la biodiversité locale en fournissant une complexité dans la structure d’habitat et un refuge aux poissons, crustacés et autres invertébrés.

Manger du varech est bon pour l’environnement et bon pour vous. Certaines espèces d’algues contiennent plus de vitamine C que les agrumes, plus de vitamine D que le lait, plus de fer que la viande rouge et plus de protéines que les œufs et le soja. Le varech est également riche en iode, ce qui stimule la fonction thyroïdienne et le métabolisme. Fait intéressant, les poissons obtiennent leurs oméga-3 des algues et du varech, donc manger des algues enlève l’intermédiaire. Il y a plus de 30 espèces d’algues couramment consommées dans le monde, mais elles n’ont pas encore complètement pénétré le marché canadien. Cela nécessitera une demande accrue de la part de gens qui deviennent davantage conscients de ses énormes avantages pour la santé et le rétablissement de l’environnement. (Bonus: essayez notre recette de Brownie de Varech!)

Malgré la croissance lente de la demande de plats à base d’algues en Amérique du Nord, il existe encore la possibilité pour le varech d’être cultivé pour le carburant. Par exemple, les algues sont cultivées dans les cours d’eau pollués pour améliorer la qualité de l’eau et en éliminer les métaux lourds. Le varech résultant n’est pas consommé, mais converti en biocarburant ou en engrais. De cette façon, l’élevage d’algues peut encore offrir des emplois et des avantages environnementaux réparateurs.

De même, les mollusques bivalves n’ont besoin d’aucun intrant pour se développer, ce qui en fait une source de protéines particulièrement durable; aucun autre animal ou plante n’a besoin d’être cultivé et récolté pour nourrir les mollusques. Par exemple, le bœuf et le porc nécessitent respectivement jusqu’à 10 kg et 5 kg de nourriture pour produire 1 kg de viande. Même le saumon et la crevette d’élevage peuvent nécessiter jusqu’à 2 kg d’aliments pour chaque 1 kg de masse gagnée, ce qui implique souvent la capture de poissons sauvages pour nourrir les fermes. Par conséquent, les protéines à intrant nul sont d’une importance cruciale pour soutenir une alimentation saine et un avenir durable.

Il est communément considéré que les produits de la mer durables sont plus chers pour le consommateur. Bien que cela puisse être vrai dans de nombreux cas tels que les poissons ou les crustacés de première qualité, les espèces réparatrices comme les moules et les palourdes sont des sources particulièrement abordables de protéines de haute qualité. Les moules offrent également une source bien équilibrée de zinc, de fer, de vitamines A, C et B12. En tant que source complète de protéines, ils contiennent les neuf acides aminés essentiels. (Bonus: essayez notre recette de Pâtes de moules et de Varech!)

Choisir des espèces d’aquaculture réparatrices comme les algues et les mollusques bivalves est un moyen efficace de contribuer à votre santé personnelle et à la santé environnementale, mais il est important de vérifier la durabilité de l’aliment que vous choisissez. Recherchez le logo Ocean Wise ou utilisez le moteur de recherche Ocean Wise Seafood pour vérifier si l’espèce que vous voulez manger est un choix écoresponsable.


Cet article a été écrit par la coordonnatrice des comptes Ocean Wise Seafood Erika Bolliger, traduit de l’anglais par Alexandra Lefort et édité par la coordonnatrice des comptes Ocean Wise Seafood au Québec, Kayla Menu-Courey.

Credits Photo:

  1. The Water Brothers
  2. Shane Stanger
  3. Thimble Island Oysters
  4. Margo Brodowicz

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