Ce blogue est la deuxième et dernière partie d’une série qui explore les pertes dans les pêcheries. Cliquez ici pour lire la première partie.

Produire assez de nourriture pour nourrir les habitants de la planète n’est pas une science exacte, et la réalité est que les systèmes de production alimentaire et les chaînes d’approvisionnement ne sont pas parfaits. Quasiment tous les secteurs de production alimentaire dans le monde engendrent une certaine quantité de pertes, de la production à la consommation. Les pêcheries n’y sont pas à l’abri : les pertes de poissons dans le monde sont estimées entre 27 % et 38 % du total des poissons pêchés annuellement. Le premier blogue sur les pertes dans les pêcheries traite des pertes au moment de la récolte. Le deuxième, traite des pertes qui suivent la récolte, soit les pertes de poissons après récoltes.

Les pertes de poissons après récoltes sont le problème de tout le monde.

Les pertes de poissons après récolte (PPAR), comme les prises accessoires et les enjeux concernant les rejets abordés précédemment, sont causées par une multitude de facteurs. Ces pertes sont très préoccupantes puisqu’elles signifient pour les consommateurs que des protéines animales sont perdues et entraînent une perte de revenus pour les pêcheurs, les transformateurs et les marchands. Étant donné que les produits de la mer sont périssables, la température ambiante est l’un des facteurs les plus importants causant des PPAR : plus l’exposition à des températures élevées est grande, plus le processus de décomposition est accéléré, ce qui entraîne des pertes. Environ 10 à 12 millions de tonnes de produits de la mer sont perdus annuellement à cause de la décomposition [1].

La glace joue un rôle essentiel dans la chaîne de valeur des produits de la mer pour réduire les pertes.

Plus la température du lieu où la prise a été pêchée est chaude, plus il est important de garder le poisson au frais. De longs déplacements entre la récolte et la transformation peuvent mener à une augmentation de la décomposition, surtout si les camions réfrigérés et les installations d’entreposage ne sont pas facilement accessibles près de l’endroit des débarquements. Le manque d’accessibilité à des installations réfrigérées et d’entreposage adéquat à bord peut également signifier que le poisson se décompose plus rapidement à certains endroits qu’à d’autres.

La nourriture avariée est un danger pour la santé humaine, ce qui représente une perte nette du potentiel nutritionnel de la nourriture récoltée lorsqu’il faut la jeter avant même de la consommer. Lorsque le poisson est jeté, il y a aussi des pertes du point de vue économique. Du poisson qui a été mal manipulé après avoir été pêché, qui a été touché par des parasites ou qui a été endommagé, occasionne une perte relative à la qualité pouvant également diminuer le prix du produit. Dans plusieurs parties du monde, les parasites peuvent être un réel problème pour les PPAR. Environ 30 % du poisson séché au soleil, une façon populaire de préserver les prises dans plusieurs régions du monde, est perdu à cause d’infestations de mouches de la viande et de larves de coléoptères [2].

Sécher le poisson est une façon populaire de préserver le produit dans plusieurs pays, mais peut le rendre sensible aux parasites.

Une autre cause de pertes est la sous-utilisation de certaines espèces débarquées pour la consommation humaine. Quelques espèces fourragères par exemple (sardines, hareng, menhaden, anchois, etc.) sont souvent transformées en farine de poisson pour nourrir le bétail et d’autres poissons d’élevages, ce qui peut être considéré comme une perte physique, nutritionnelle et de qualité.

Les préférences des consommateurs influencent également les PPAR. Certains consommateurs préfèrent cuisiner des poissons entiers. D’autres préfèrent des morceaux de choix comme des filets, ce qui peut signifier qu’à l’étape de la transformation, la tête, la queue ou les os du poisson sont jetés ou convertis en un autre sous-produit comme de la farine de poisson, de l’huile de poisson ou de la nourriture pour animaux.

Dans certains pays, l’accès à de la glace et un transport rapide aux marchés peut être difficile à trouver. 

Réduire les PPAR pour les pêcheurs et les chaînes d’approvisionnement des pêcheries dans le monde est un enjeu important. Nombreux sont ceux et celles dans les pays plus défavorisés qui dépendent des prises des pêcheries non seulement pour subsister, mais aussi comme source de protéine principale dans leur alimentation. Les pêcheries à petite échelle dans les pays en développement sont particulièrement sensibles aux PPAR et peuvent souffrir de pertes dévastatrices de qualité de leurs poissons. Préserver le plus possible les prises afin de conserver leur valeur et leur apport nutritionnel signifie qu’il y aura davantage de nourriture. Une utilisation plus efficace des produits des pêcheries peut également permettre de réduire la dépendance aux stocks massivement exploités mondialement, leur accordant un certain répit de la demande.

Que pouvez-vous faire en tant que consommateur pour réduire les pertes de poissons après récoltes ?

  • Mangez en fonction des saisons et essayez de manger localement.
  • Ne craignez pas les produits de la mer congelés ! La surgélation des produits de la mer conserve leur fraîcheur et leur permet d’être conservés plus longtemps.
  • Assurez-vous que votre réfrigérateur et votre congélateur soient aux bonnes températures.
  • Célébrez vos produits de la mer et consommez-les de façon réfléchie — ne gaspillez pas les restes !


Traduit par Traductions LFV Inc.

Blog written by Claire Dawson, Ocean Wise Seafood Senior Science Lead 


  1. Ahmed, A. A. (2008). Post-Harvest Losses of Fish in Developing Countries. Nutrition and Health, 19(4), 273–287. https://doi.org/10.1177/026010600801900403
  2. Bala BK, Mondol MRA (2001). Experimental investigation of solar drying of fish using tunnel dryer, Drying Technology. 19: 1-10.

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